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La planification sociale des néo-conservateurs: l'assimilation du Québec et du Canada par les États-Unis
par Maude Barlow
L'intégration continentale entre le Canada et les États-Unis n'est pas une théorie, ni une crainte: c'est une réalité. Depuis de nombreuses années, les groupes d'études, les groupes
de travail, les commissions, les comités de coordination et les consultations transfrontalières se multiplient afin d'harmoniser les programmes et les procédures du Canada et des É.-U.. Ceci a entraîné une harmonisation progressive mais systématique des règlements et des normes canadiennes et américaines sur la santé, la salubrité des
aliments et toutes les facettes de l'environnement.
Ce processus d'harmonisation est au coeur des demandes du milieu des affaires du Canada. Le milieu des affaires prétend que la seule façon d'assurer le commerce transfrontalier et l'accès au marché américain est d'intégrer les politiques de commerce et de douanes, dont tous les systèmes réglementaires, environnementaux et les inspections. Le Conseil canadien des chefs d'entreprise, un organisme qui fait des représentations auprès du gouvernement au nom des plus grandes entreprises canadiennes, argue que puisque les économies des deux pays sont si intégrées, nos lois sont redondantes.
Les groupes qui font la promotion de l'intégration continentale envisagent une union douanière, en plus de l'harmonisation des politiques, normes et règlements existants à une aune commune. Ajoutez à cela des procédures d'inspection et de sécurité conjointes Canada-É.-U. et l'on abollit en fin de compte la frontière Canada-É.-U.. Pareille initiative entraînerait la privatisation de notre système de soins de la santé, la perte de contrôle sur nos ressources et d'autres compromis en matière de commerce du genre de l'entente que nous avons vue récemment sur le bois d'oeuvre.
Il ne faut pas baisser les bras. Nous pouvons travailler ensemble pour exiger du gouvernement canadien qu'il arrête de prendre ses ordres des grandes entreprises et qu'il instaure un moratoire sur les initiatives d intégration continentale.
Il ne s'agit pas ici de dresser des barrières autour du Canada. Ni non plus d'une manifestation de morale prétendue supérieure à nos voisins. Je crois plutôt, et le Conseil des Canadiens aussi, que le Canada doit décider si la création de liens plus forts en matière d'économie, de politique étrangère, de ressources et de politiques sociales avec les États-Unis et son administration la plus agressive de l'histoire moderne est dans notre intérêt à tous ou si nous allons nous aligner avec les pays plus modérés et les peuples du monde pour faire le contrepoids.
Cette nouvelle élite « Château la Clique » renouvellera son engagement de loyauté envers le Québec et le reste du Canada devant des caméras de télévision, puis derrière les portes closes de diverses rencontres, représentés par des membres de l'entente Sécurité et Prospérité, qui souhaite vendre l'âme du Canada, et le reste du Canada, qui n'est pas à vendre.
L'armée militaire des Etats-Unis d'Amérique a désormais commencé à occuper notre territoire québécois, notre nation canadienne, sans le consentement du peuple québécois. En outre, MM. Dion et Duceppe retournent leur veste et ignorent l'assaut de notre détermination nationale de nation libre et indépendante.
L'élite à la tête de l'entente Sécurité et Prospérité cherche à commencer une assimilation culturelle du Québec, identique à celle de la Louisiane, et à créer une Nouvelle Union Américaine d'ici 2010.
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